Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 05:09
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Charles Beigbeder est vice-président de la Fondation pour l'innovation politique (FIP), coordinateur du pôle "Ecologie" et président de Poweo
Dominique Reynié est directeur général de la FIP, professeur à Sciences Po


 

Nous n'avons pas à choisir entre la croissance et la planète parce que cela reviendrait à choisir entre l'homme et la nature. La cause de l'environnement ne vaut que parce qu'elle sert la cause de l'humanité et l'écologie sera progressiste ou ne sera pas. Tel est l'objet du colloque que la Fondation pour l'innovation politique consacre ce jeudi à la question sur le thème: "réussir la croissance verte".

Plus personne ne conteste l'importance de l'enjeu écologique. La cause de l'environnement est définitivement installée au cœur du débat et de l'action politiques. Mais il y a deux conceptions de l'écologie : l'une prétend changer l'homme en contraignant sa capacité d'action, quand l'autre propose d'agir sur les conséquences de cette action. La première est culpabilisante et régressive. L'autre se veut incitative, rationnelle et progressiste : elle parie sur la croissance verte.


L'écologie régressive oppose, de façon plus ou moins assumée, la production de richesses à la protection de l'environnement. Le marché, l'activité économique, l'industrie ou les entrepreneurs sont désignés comme les ennemis de la nature. De cette condamnation a priori peut naître la tentation de réduire l'activité économique, de limiter, voire d'empêcher, les progrès de la connaissance. Certains fondamentalistes de l'écologie vont jusqu'à prôner la décroissance, nous sommant de choisir entre le progrès économique et la planète. Ce discours bénéficie d'un certain écho parce qu'il prend en charge une partie de l'hostilité à l'économie de marché dans un monde désormais sans communisme. Il jouit aussi d'un authentique privilège médiatique parce que le ton sur lequel il est tenu est volontiers alarmiste et qu'il permet des mises en scène spectaculaires. C'est le syndrome du tétanisé !

Nous nous inscrivons en faux contre cette vision rétrograde de l'écologie. La cause de l'environnement ne vaut en effet que parce qu'elle sert le développement humain et ne peut être invoquée pour empêcher l'homme d'avancer, d'innover, d'améliorer son sort. Comment expliquer aux pays en développement qu'ils doivent ralentir leur croissance pour préserver notre environnement ? Et comment prétendre maîtriser les dangers qui menacent la planète en renonçant à la science et au progrès technique ? Ouvrons les yeux : l'écologie sera donc progressiste ou ne sera pas. C'est par l'innovation et l'investissement que nous relèverons ces défis. L'écologie est une formidable promesse de prospérité pour nos universités et notre recherche. De même, la protection de l'environnement ouvre des opportunités de marché considérables. Ils contribueront à l'avènement d'une croissance durable.


Tous les domaines d'activité sont concernés. Il s'agit de rendre l'ensemble de notre économie moins émettrice de carbone, plus sobre en énergie, plus respectueuse de la biosphère. Quelques secteurs clés sont en pointe de cette révolution verte. C'est le cas des procédés d'efficacité énergétique. En changeant nos comportements, en améliorant nos installations, nous sommes dès aujourd'hui capables de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce n'est qu'un début : des compteurs communicants aux réseaux intelligents, en passant par l'isolation et la domotique, les innovations laissent espérer des économies d'énergie toujours plus importantes chez les particuliers comme dans les entreprises.

Dans l'éco-industrie, de nouveaux procédés de gestion des déchets, d'assainissement de l'eau et de l'air sont en train d'apparaître. Nous savons désormais que les ressources naturelles ne sont pas abondantes et qu'il nous faut apprendre à consommer moins tout en limitant au maximum notre empreinte environnementale. Des solutions innovantes existent. Pensons par exemple à la désalinisation, à la récupération de la pluie, de la rosée, et des eaux usées, autant de sources que nous pourrions exploiter.


Les énergies renouvelables, de plus en plus performantes, nous permettent de nous désintoxiquer progressivement du pétrole. Dynamisés par les progrès formidables en matière de recherche et développement, l'éolien, le photovoltaïque s'imposent à grande vitesse et gagnent en rentabilité, en attendant la production d'électricité à partir de biomasse ou d'énergies marines.

Ces avancées nous montrent que ce ne sont pas les restrictions mais l'évolution des comportements et l'innovation qui nous permettent d'affronter le défi écologique. La croissance verte offre des opportunités de marché considérables. De l'Agence internationale pour l'énergie (AIE) à l'OCDE, en passant par le Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE), les organismes internationaux publient des chiffres impressionnants sur l'estimation de la richesse créée par le défi écologique. Le PNUE estime ainsi que le marché mondial des produits et services liés à l'environnement devrait passer de 1.370 milliards de dollars par an actuellement à 2.740 milliards de dollars vers 2020.

La France doit saisir au plus vite cette occasion de renouer avec la croissance. L'économie verte est l'enjeu d'une âpre compétition internationale. Cette bataille n'aura pas lieu dans un avenir lointain. Elle a déjà commencé. L'Allemagne, le Japon, les Etats-Unis, la Corée du Sud, l'Espagne et même la Chine ont compris avant nous que de la croissance verte dépend leur survie, et dominent aujourd'hui le secteur des énergies propres. Q-Cells en Allemagne, First Solar aux Etats-Unis ou Suntech Power en Chine, les groupes étrangers sont nombreux à produire en masse des panneaux solaires toujours plus performants, toujours plus fiables. Ce sont ces mêmes panneaux que nous utilisons pour équiper les toits de nos maisons, de nos entrepôts ou de nos supermarchés. Ne nous laissons pas déprimer, ne nous laissons pas distancer : réussissons la croissance verte !

 
Source : LaTribune.fr


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Commentaires

Je ne pense pas me situer parmi ceux que C Beigbeder fustige, cependant je crois qu’il y a confusion des genres, Si CB a raison, les inondations et les canicules vont aller sur les bancs de l’école pour apprendre qu’ils ne doivent plus embêter les humains qui veulent gagner de l’argent, leur apprendre un modus vivendi et plus s’ils sont doués. CB pense encore en termes d’humain tout puissant que rien ne peut arrêter, même pas l’inertie des 6 000 milliards de milliards de tonnes de la terre et la vie qui va avec.

Il faut faire la différence entre :

faire contre (les anti écolos)

faire sans (C Beigbeder)

faire avec (les gens comme moi)

se plier à (les écolos religieux)

Commentaire n°1 posté par Dominique le 11/12/2009 à 22h45

COGIT'Homme


"Une électricité 100% renouvelable est possible pour l'Allemagne et l'Europe à horizon 2050 (et même 2030 si nécessaire). Le système reposera principalement sur l'éolien et le solaire. Les interconnexions et le pompage-turbinage joueront un rôle crucial."
Olav Hohmeyer, professeur en sciences des ressources naturelles et énergétiques à l'Université de Flensburg, membre du German Advisory Council on the Environment et membre du GIEC


"Il est possible de répondre à 100% de la demande énergétique mondiale de l'humanité avec un mix Wind Water Sun, ceci en utilisant 0,59% de la surface terrestre continentale, et à horizon 2030. Un tel mix conduit à réduire de 30% la consommation énergétique du fait de la haute efficacité des systèmes électriques comparativement aux systèmes à combustion."
Mark Jacobson, directeur du département énergie et atmosphère à Stanford




« Les problèmes du monde ne peuvent pas êtres résolus par les sceptiques ou les cyniques dont l'horizon est limité par les réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé (...) Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que dans le passé ou le présent sont certains de rater le futur (...) L'esprit humain est notre ressource fondamentale »
John Fitzgerald  Kennedy  
   
   
 
"Il y avait ceux qui disaient que l'homme ne volerait jamais. Et ceux qui levaient les yeux au ciel et affirmaient que l'homme ne marchera jamais sur la lune. D'autres qui s'interrogeaient de savoir si chacun avait besoin d'un ordinateur dans sa maison. Et nombreux n'imaginaient pas un monde autrement connecté que par des câbles. L'histoire abonde de visionnaires qui ont rencontré des personnes négatives, sceptiques et sans espérance. L'histoire abonde aussi de personnes qui ont construit leur propre chemin, qui ont suivi leurs rêves, et qui ont dépassé les frontières des esprits étroits. Aujourd'hui il y a ceux qui disent que l'énergie ne peut pas être à la fois propre et abondante, que nous ne pouvons pas répondre aux besoins de chaque être humain, partout sur terre. Mais avec des convictions, de l'inventivité et de la persévérance, nous pouvons faire des choses formidables. Nos visions peuvent être réalisées, nos problèmes peuvent être résolus. Nous pouvons changer le monde de l'énergie. Nous pouvons changer, le monde."

K. R. Sridhar, Ex-directeur du laboratoire des technologies spatiales à la NASA, et fondateur de Bloom Energy  


"Ce sont davantage que des ingénieurs. Ce sont des imagineurs"
Shaï Agassi, BetterPlace


"Tenter de faire croire qu'il n'existe pas d'alternatives aux énergies fossiles et au nucléaire relève de la pollution des esprits"

Hermann Scheer

      

"Le futur, ce sont ces mots, "restaurer", "reconnecter", "les gens", "communautés", "opportunités de croissance", "technologies pour la nature", "business vert"
Peter Kareiva, directeur scientifique au sein de The Nature Conservancy, la plus importante ONG environnementale de la planète  
   
 
« Le découplage ne signifie pas un arrêt de la croissance. Il consiste à faire plus avec moins »
Ernst U. von Weizsäcker, co-président, Panel international des ressources du PNUE et ancien président de la Commission de l'environnement du Bundestag
   
   
   
« (...) On ne fixe par un objectif chiffré pour augmenter l’espérance de vie humaine. Ce que nous pouvons faire, c’est agir dans la lutte contre telle ou telle maladie…La progression de l’espérance de vie suit ensuite, doucement. De la même manière nous ne devrions pas déclarer “nous allons réduire les emissions de CO2 de x % pour telle date". Quand, grâce à l’innovation scientifique, nous aurons des éco-technologies bon marché, elles pénètreront sur le marché…et les émissions de CO2 baisseront, doucement. »
Roger Pielke Jr, professeur de sciences environnementales à l'université de Boulder, Colorado      

   

"(...) Les énergies renouvelables sont la quitessence de l'énergie démocratique. Mon conseil est d'investir tout ce que nous avons dans un système énergétique intellligent et durable, en dépit de la crise financière. Et presque comme un effet secondaire, nous résoudrons alors la crise climatique (...)"
John Schellnhuber, directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research
       
Fichier:FDR in 1933.jpg

« Nous sortirons de la crise et nous aurons la prospérité. La seule chose dont nous devons avoir peur, c'est de la peur elle-même».
Franklin Delano Roosevelt, 1933   

   

Ecologie, paradigm shift
"Nous devons aller au-delà de l'idée de conservation"
(Ilya Prigogine)
  


"Nous deviendrons peut-être les acteurs de notre destinée si nous cessons de nous poser comme ses prophètes"
Karl Popper
 

PUISSANCE D'HUMANITE

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    Puissance d'Humanité 
    La bombe Rosling 

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